«Eau sauvage» diffuse de Lausanne à Londres

23 05 2007

Souvenez-vous: le printemps dernier la galerie Lucy Mackintosh débordait de ses murs dans un ancien local d’exposition de voitures pour accueillir «Eau sauvage», la première escale d’une exposition binationale coréalisée entre Lausanne et Londres par trois curateurs, Jean-Luc Manz et Marco Costantini sur nos rivages et Juan Bolivar outre-Manche. «Eau Sauvage»? Le nom du célèbre parfum pour hommes de Dior n’y jouait pas les thèmes programmatiques, juste les diffuseurs d’ambiance. «Eau Sauvage», résumait Juan Bolivar, rassemble ce qu’on n’arrive pas vraiment à mettre en mots mais qui se reconnaît par une certaine fragrance. Et de la définir comme la rencontre entre une idée de luxe et de désir et une «sauvagerie» qui, en écho à la Collection de l’art brut, évoque l’artiste dans ce qu’il peut avoir de plus obsessionnel et compulsif.

Mélange délibérément ambigu de «tendance» et de résistance qui exhalait à travers 34 jeunes artistes – 19 Londoniens et 15 lémaniques – un parfum de fraîcheur insoumise. Tous médias confondus (peinture, sculpture, installations, vidéo), on y croisait notamment «nos» excellents Annaïk Pitteloud, Virginie Morillo, Sandrine Pelletier, Marc Bauer, Sacha Roulet ou Körner Union en écho à de talentueux jeunes British qui avaient noms Nick Dawes ou Laura White.

A Lausanne, l’exposition avait rencontré un joli succès. Et l’aventure continue, puisque la voilà qui joue son deuxième acte à la galerie Fieldgate à Londres. L’occasion rêvée, pour la plupart de nos jeunes artistes, de faire leur première expo à London, aujourd’hui l’un des épicentres mondiaux de l’art contemporain.

ALLER-RETOUR - Après avoir exhalé sa fraîcheur insoumise à Lausanne, l’exposition souffle maintenant sur Londres. Avec 34 artistes, lémaniques et londoniens mêlés.

24 Heures le 23 Mai 2007.





L’art brut selon Christophe Sartori

23 09 2006

BOURG-SUR-GIRONDE

Christophe Sartori, né à Paris en 1958, vit et travaille aujourd’hui à Bourg-sur-Gironde. Il a commencé à dessiner et peindre au début des années 1980. Il ne se veut pas un artiste conventionnel, se sentant proche de l’art brut. « Le travail de Sartori découle du vécu mélancolique de la perte, de la quête de liberté dans sa forme la plus pure et la plus innocente », analyse le critique Van Der Linden. « Ses dessins à la mine de plomb sont de petites compositions compactes qui expriment une énergie spontanée et une répétition presque obsessionnelle de formes géométriques simples, traitées dans un mouvement rapide et rythmé ». Sartori démarre ses dessins en traçant un contour en noir. Une fois l’espace défini, il élabore ses images à partir de petits éléments géométriques tracés souplement. Dans ses peintures, il partage la même technique pour une approche similaire. Avec une palette sobre, il construit son univers autour d’une géométrisation qui rejette le figuratif tout en y lançant quelques clins d’oeil. La lumière n’est jamais absente, tout en ressenti et retenue. Les espaces sont définis sans concession mais sans lourdeur, comme des schémas de ponctuation qui invite à d’autres réflexions où les esprits de liberté ne sont jamais absents. A découvrir actuellement à la Galerie des Bastides à Sainte-Foy la Grande jusqu’au 28 septembre.

Sud Ouest le 23 Septembre 2006.