Beautés insensées

30 08 2007

Connaissez-vous l’art irrégulier ? Bianca Tosatti a dirigé un ouvrage collectif qui était lié à une exposition qui s’est tenue à Monaco l’hiver dernier. « Beautés insensées : figures, histoires et maîtres de l’art irrégulier » nous propose de découvrir des maîtres de l’art brut, des personnalités qui ne sont pas conformes, des exaltés et des simples, des voyants. Des artistes qui flambent et d’autres qui bricolent, des esprits d’aventure et des inspirés. C’est un ouvrage passionnant, très illustré et qui nous ouvre à des mondes extraordinaires. Bien sûr, il y a de la douleur, de la souffrance, parfois de la peur dans ce qui guide ces êtres à devenir des artistes, à créer, à imaginer. Il y a des fulgurances et des continents inconnus à découvrir. Des oeuvres à contempler.

Le Figaro le 23 Août 2007.





Invitation aux voyages intérieurs

23 07 2007

C’est Jean Dubuffet lui-même, «inventeur» de l’art brut et donateur de sa collection à la ville de Lausanne en 1971, qui en a inauguré la collection en 1964: les Cahiers de l’art brut documentent au fur et à mesure les nouvelles découvertes d’auteurs de la marge, auxquels ils consacrent de petites monographies aussi concises que rigoureuses et intéressantes.

Le dernier-né et numéro 22 de la collection en propose neuf, comme autant d’invitations à des voyages intérieurs vers des planètes hautement expressives et singulières.

On s’y promène dans le gigantesque et ondoyant Rock Garden de Nek Chand à Chandigarh, avec ses innombrables dieux et déesses faits de «pierres qui ont une âme», ou parmi les saisissants autels des ancêtres de la Balinaise Ni Tanjung, avec leurs empilements de pierre peintes, décorées et parfois munies d’yeux de verre qui leur font des regards aussi hallucinés qu’hallucinants.

Dessins auto-érotiques

Françoise Jaunin

On s’y plonge dans le délire profus et quasi pointilliste des broderies de Rosa Zhardikh, dans l’exubérance chatoyante et merveilleusement kitsch des petits théâtres bariolés de Paul Amar, «le pape des coquillages, ou dans les pages textiles émouvantes et obstinées de Teresa Ottalo, qui n’en finit pas de broder sa vie réinventée. On passe encore de l’effusion gestuelle des dessins auto-érotiques de Josel Hofer au schématisme dépersonnalisé et asexué des foules oppressantes de Donald Mitchell qui ne font qu’additionner leurs terribles solitudes.

24 Heures le 16 Juillet 2007.