Les sculptures naïves de Gabriel

28 06 2007

Vals de Saintonge

NANTILLÉ

L’office de tourisme de Saint-Jean-Saint-Hilaire se bat pour ce parc. Visite aujourd’hui

Une collection unique de statues réalisées par Gabriel Albert attend son public le long de la voie romaine. En ce lieu, Ephèbes, nymphes et pin-up cohabitent avec des représentations d’hommes célèbres, de figures régionales ou d’animaux.

Entre le surnaturel et le réalisme, ces statues de béton grandeur nature expriment l’univers d’un sculpteur amateur. Disparu à plus de 90 ans, Gabriel Albert, menuisier de profession, a laissé en héritage à la collectivité plus de 400 statues. Certaines s’abîment, défraîchissent ou perdent leur couleurs par l’effet conjugué des intempéries et du manque d’entretien.

Le maire de Nantillé, M. Merlet, le pays Vals de Saintonge et l’Office de tourisme de Saint-Jean/Saint-Hilaire ont lancé une grande consultation entre tous les organismes publics et privés compétents sur le secteur de Nantillé. Mais le public a son mot à dire. La représentante de l’Office de tourisme de Saint-Hilaire, fort bien documentée sur le lieu comme sur l’art brut, fera remonter à qui de droit les remarques et propositions des visiteurs. D’autant plus que cette visite, rarissime, est gratuite et que de son succès dépend les visites ultérieures et, peut-être, l’ouverture régulière de ce jardin poétique au public.

D’après les spécialistes de l’art contemporain, ce lieu est unique en France. C’est la raison pour laquelle, du temps du sculpteur et peu après sa mort, plusieurs reportages télévisuels lui ont été consacrés. Maintenant, il ne dépend que des Charentais qu’il ne tombe pas dans l’oubli !

Jeudi 21 Juin : 14h30 Visite du Jardin de Gabriel. RDV sur place, à Nantillé, Chez Audebert, sur la voie romaine (D129). Organisé par l’Office de tourisme de Saint-Jean-d’Angély et Saint-Hilaire-de-Villefranche. Renseignements au 05 46 32 04 72.

Sud Ouest le 21 Juin 2007.





Alain Plésiat ou la révélation des mouvements de la matière

27 05 2007

L’artiste expose pour la deuxième fois au château de Frontenay, accompagné du sculpteur Guillaume Fichet. Un endroit original pour cet homme qui aime « prendre possession » des lieux qu’il exploite «L’idée est que les artistes suscitent l’émergence de nouveaux lieux d’exposition ».

De cette envie, Alain Plésiat en a fait une vraie démarche et c’est ainsi que l’année dernière, il contacte Ghislaine de Sury D’aspremont, qui dispose de deux caves sous son château, à Frontenay. « Je lui ai demandé si elle était d’accord pour une exposition expérimentale. Elle s’est montrée enthousiaste ». Alain investit l’espace et met alors en place une scénographie originale avec ses oeuvres. Pas de cimaise, les tableaux sont exposés par terre, « comme s’ils étaient des morceaux de sol ».

Une manière de se détacher du classique. « Mes créations sont en résonance avec le lieu. Je travaille beaucoup sur le minéral ». De plus, une véritable convivialité se dégage de l’exposition, avec la participation de viticulteurs pour des dégustations.

Alain renouvelle donc l’expérience cette année. Nouvelle scénographie, nouvelles oeuvres et pour cette édition, il n’est pas seul. Un de ses amis, Guillaume Fichet, l’accompagne. « J’ai trouvé bien de marier créations à plat et sculpture. Guillaume faisait de la sculpture bois et est passé au minéral. Il y a une espèce de grande résonance minérale. D’où le nom de l’exposition, Tête à tête. Cette année, c’est davantage un dialogue ».

« On raconte une histoire »

Cette fois, les formats des oeuvres d’Alain Plésiat se présentent sur une format bien plus grand. « Émotionnellement, cela permet de mieux rentrer dans la création ». Mais toujours dans la démarche que l’artiste a entamée il ya « une bonne dizaine d’années ».

Le point central de ses créations ? La matière. « Ce qui m’intéresse c’est d’essayer de percer ses secrets. C’est complètement vital, c’est la peau de la terre. Paradoxalement, c’est quelque chose que l’on a tendance à négliger. Mon travail est de la révéler au regard ».

Son inspiration, il la puise dans ses voyages, souvent. Tout comme il en ramène la matière -à double titre- de ses oeuvres. « Elle fait partie de l’identité des pays ». Urbaniste de formation, Alain Plésiat travaille, pense, vit création. « La matière garde des empreintes, c’est quelque chose qui me passionne. On trouve le marquage temporel du passage de l’homme. Chaque fois, on raconte une histoire ».

Ce passionné de déserts croit aussi beaucoup au métissage. Une influence qui déborde de ses oeuvres. « Certains me disent qu’ils trouvent une résonance avec l’art brut, l’art africain. C’est un métissage de ces émotions-là ». D’ailleurs, la matière qui l’intéresse tant s’est progressivement mêlée au métal et même au tissu.

De métissage, il en sera aussi question dans sa propriété de Château-Chalon. Les artistes se croiseront dans ce qu’il voudrait transformer en « concept de maison ouverte, d’atelier habité ». Échanges, expression auront libre cours. Car pour Alain, « un artiste est forcément quelqu’un qui a quelque chose à dire ». Et cet artiste-là donne envie de l’écouter.

Le Progrès le 27 Mai 2007.