Partie 2 - B

B. Etre socialement intégré à sa communauté

Certains voient dans la médiumnité de Lesage, Crépin, etc., un alibi justifiant l’aspect créatif de leurs œuvres. Le fait d’attribuer ces potentialités créatrices à l’intervention de «guides » plutôt que de les revendiquer personnellement semble être un alibi face aux instances culturelles. On évoque pour ces auteurs une forme de rouerie ou même de supercherie. Pour ma part, je ne pense pas qu’Augustin Lesage avait besoin de ce genre de subterfuge pour faire accepter par la « société cultivée » son statut de peintre. En effet dés 1913, il quitte le métier de mineur pour s’installer guérisseur à Béthune, malgré le désaccord de sa famille. Il prenait ainsi un statut autrement plus difficile à défendre face à la société que celui de peintre et il n’eut recours à aucun subterfuge. Au contraire, il assuma le fait jusqu’au jour de son procès pour exercice illégal de la médecine, belle démonstration de caractère. C’est par les milieux spirites qu’il fut ensuite promu preuve vivante, et c’est poussé par ses amis spirites qu’il présenta en 1929 deux toiles au salon des Artistes Français.

Quant à Fleury-Joseph Crépin, c’était un homme socialement intégré dans son milieu et possédant beaucoup d’amis ouverts sur l’extérieur. Il faisait partie d’une fanfares et avait le souci de l’autre. Il était aussi sourcier, se servant de sa montre comme pendule, et il trouvait de l’eau. Il réparait et installait des pompes.

Copyright © Gilles Lewalle.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces étiquettes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>