C. Lien entre le matériel et spirituel
Le chamanisme est une religion de chasseurs, contraints de prendre la vie pour vivre. Leur vision de l’équilibre cosmique est largement fondée sur l’idée de fournir une compensation aux animaux dont il faut se nourrir et dans de nombreuses sociétés, le chamane a pour tâche d’aller trouver le propriétaire de l’animal pour en négocier le prix avec lui. La compréhension de la nature de l’esprit est, dans tout système de croyance, une question idéologique et psychologique profonde. L’esprit désigne en outre la conscience : les êtres animés, de même que les arbres, les rochers et les outils ont une conscience semblable à la nôtre. Existant par eux-mêmes, les esprits peuvent délibérément s’en prendre aux hommes et provoquer certains événements de leur vie. Ce type de sensibilité religieuse, qui est l’effet d’une expérience plusieurs fois millénaire, permet d’agir sur le monde. Souvent les sociétés chamaniques considèrent le vol d’âme lors de la transe comme une espèce de rêve contrôlé pendant lequel les chamanes transforment une expérience involontaire universelle en technique pure.
Chez les aborigènes australiens, après la dissolution du corps physique, la vie et la personnalité de chaque être subsistent. Dans cette sphère d’existence, l’âme de l’homme survit en conservant son identité et ses caractéristiques personnelles. Or ce domaine invisible, psychique, peut être approché par un entraînement approprié de la pensée et de l’émotion induite. On peut en effet établir un contact avec n’importe quelle entité vivante par perception extra sensorielle. Pour cela on fait appel à l’hypersensibilité du système nerveux, qui permet de se mettre au diapason de la contrepartie cosmique ou psychique d’une personne, d’un animal, d’une plante ou même de l’environnement. (cf. Cyril Havecker, Le temps du réve)
Copyright © Gilles Lewalle.
Dernier commentaire