La partie de la planète Sanfourche, visible jusqu’au 6 décembre au musée des Beaux-Arts de la Rochelle, décoiffe. Plus encore dans ce lieu, disons académique, bien ancré au deuxième étage du 28, rue Gargoulleau. C’est un bien de faire ainsi se rencontrer, à la limite de la confrontation, des écoles et des siècles.
Pas diabolique pour un regard, les uvres de ce vieil homme Sanfourche, prénommé Jean-Joseph et à l’enfance tourmentée, vous fixent à la hauteur du regard des yeux écarquillés de ses personnages asexués, sans âge, mi-surpris, mi-angoissés. En fait, ces bonshommes, cette multitude, renvoient à l’artiste, à son existence qui semble donc s’être fixée dans une enfance bordelaise déportée par les nazis.
Mais cet homme, par l’art indubitablement, est parvenu à dépasser l’horreur. Appréciée autant par Jean Dubuffet, un des incontournables de l’art brut que par Tina Turner (elle adore les plats de Sanfourche qui lui en a d’ailleurs réalisé sans prendre encore le temps de lui offrir), la patte de Sanfourche est plurielle. Ses dessins et peintures prennent corps sur des supports pour le moins originaux comme des chasubles. Ses émaux attirent tout autant l’il, il qui est sans aucun doute l’organe qui parle le plus à l’artiste et qui lui permet d’évidence d’entrer en communication avec le public.
Deux vidéos sont aussi présentées durant l’exposition, visible jusqu’au 6 décembre, tous les jours, sauf le mardi, de 14 heures à 18 heures. Contact auprès des affaires culturelles au 05 46 51 51 51.
Sud Ouest le 30 Août 2007.
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