L’univers de Jean-Joseph Sanfourche est visible, jusqu’au 6 décembre, au musée des Beaux-Arts

6 09 2007

La partie de la planète Sanfourche, visible jusqu’au 6 décembre au musée des Beaux-Arts de la Rochelle, décoiffe. Plus encore dans ce lieu, disons académique, bien ancré au deuxième étage du 28, rue Gargoulleau. C’est un bien de faire ainsi se rencontrer, à la limite de la confrontation, des écoles et des siècles.

Pas diabolique pour un regard, les uvres de ce vieil homme Sanfourche, prénommé Jean-Joseph et à l’enfance tourmentée, vous fixent à la hauteur du regard des yeux écarquillés de ses personnages asexués, sans âge, mi-surpris, mi-angoissés. En fait, ces bonshommes, cette multitude, renvoient à l’artiste, à son existence qui semble donc s’être fixée dans une enfance bordelaise déportée par les nazis.

Mais cet homme, par l’art indubitablement, est parvenu à dépasser l’horreur. Appréciée autant par Jean Dubuffet, un des incontournables de l’art brut que par Tina Turner (elle adore les plats de Sanfourche qui lui en a d’ailleurs réalisé sans prendre encore le temps de lui offrir), la patte de Sanfourche est plurielle. Ses dessins et peintures prennent corps sur des supports pour le moins originaux comme des chasubles. Ses émaux attirent tout autant l’il, il qui est sans aucun doute l’organe qui parle le plus à l’artiste et qui lui permet d’évidence d’entrer en communication avec le public.

Deux vidéos sont aussi présentées durant l’exposition, visible jusqu’au 6 décembre, tous les jours, sauf le mardi, de 14 heures à 18 heures. Contact auprès des affaires culturelles au 05 46 51 51 51.

Sud Ouest le 30 Août 2007.





Douze Biz’artistes non conformistes

4 09 2007

L’exposition Biz’art Biz’art, commencée au début de l’été au bourg du Vaudioux, s’achèvera fin septembre. Elle est gratuite et ouverte à tous « L’argent oui, quand il nous fout la paix »

Depuis le début de l’été, de nombreux visiteurs se pressent au Vaudioux, à l’exposition Biz’art Biz’art qui rassemble douze artistes non conformistes, pratiquant l’art brut, mais pas naïf pour autant. Dans la maison de Dominique et Françoise Sablons, des univers extraordinaires dialoguent en couleurs, en matières et en espaces.

Des perspectives fabuleuses et magiques.

Depuis les cinq ans d’existence de l’exposition Biz’art Biz’art, certains sont devenus des habitués:

Les anciens

Marie-Françoise Valois, avec ses poupées faites de matériaux tahitiens, Joël Laurand avec ses graphismes méticuleux et son bestiaire fantastique, Jean-Luc Ancel qui soude des expressivités saisissantes. Ils sont bien présents et sont maintenant incontournables. Maurice Noirot présente ses insectes aussi bariolés que «les poteaux de couleurs» du «Bateau ivre» de Rimbaud. Claude Giorgi expose ses chaises improbables et ses poissons désincarnés.

Les modernes

L’exposition permet également aux visiteurs de découvrir de nouveaux talents. Jean-Yves Gosti propose notamment des sculptures extraordinaires qui associent la pierre au bronze. Jacques Déal présente lui des oeuvres remarquables pour leur technique et la fantaisie de leur titres : « L’argent oui, quand il nous fout la paix », dit aussi « Le cavalier » ou encore « L’oeil de Moscou ». Les collages permettent une juxtaposition ou une mise en perspective de petites aventures humaines qui donnent autant à lire qu’à voir.

Les tableaux de Jean Tirilly peuvent se contempler comme des personnages burlesques ou magiques. C’est dans la couleur qu’il faut visiter l’univers de ce peintre exceptionnel. Les amas métalliques des Staëlens sont enfin un formidable fourmillement de vie.

L’exposition offre un univers magique pour tous les yeux. Elle est une occasion unique de faire un petit bout de chemin sur les pas de véritables défricheurs de notre espace, de la matière et de l’esprit.

Grâce à son humour et à sa fraîcheur, Biz’art Biz’art est très accessible à tous les publics. Elle est située au centre du bourg du Vaudioux, à quelques minutes de Champagnole, et l’entrée est gratuite.

Le Progrès le 28 Août 2007.